Jardins de thé
Le thé à la manière du vin, telle est la proposition des deux fondateurs de Grands Jardins, Edouard Malbois et Vincent Mesnage. Attention, disruption !
Le commencement
La genèse d’une idée créative ? « Il n’y a pas de préméditation. On a des fulgurances, des sensations », répond Édouard Malbois, qui sait de quoi il parle. Avant de créer Grands Jardins, cet honnête homme, ayant passé une bonne partie de sa vie à l’étranger, a travaillé dans des grands groupes de luxe et fondé le premier bureau de style alimentaire mondial.
Et si le thé empruntait les habits du vin
Il y a quelques années, un ami lui présente un projet autour du thé. « Le thé, ce sont des milliers d'années d'histoire, une géographie extrêmement complète, une sémantique, une façon de faire, des terroirs… Mais je n’étais pas convaincu par l’aberration chimique du thé glacé ou le côté élitiste du thé chaud. » Petit à petit, une idée fait son chemin : et si le thé empruntait les habits du vin, c’est-à-dire sa bouteille, et sa liturgie millénaire ? Et si le thé s’invitait à table non pas contre mais avec le vin ? Qu’à cela ne tienne, les deux fondateurs de Grands Jardins se lancent sur la piste des plus beaux jardins de thé, entre le Triangle d’or et les confins de l’Himalaya.

Six jardins aux quatre coins du monde
Avec la complicité du maître de thé, Carine Baudry de la maison de thé nunshen, ils cultivent désormais six jardins aux quatre coins du monde (Laos, Népal, Thaïlande, Chine, Inde et Équateur). Une mécanique de haute précision : « En Himalaya, il y a 36 fenêtres pour récolter le thé. On a différents cultivars (ou cépages) et plusieurs types de cueillettes. » Après avoir récolté les feuilles de thé et extrait la matière pour la mélanger avec une grande eau au cœur des volcans d’Auvergne, encore faut-il être en mesure de conserver le précieux liquide. « Personne avant nous n’avait réussi à conserver du thé et de l’eau dans une bouteille de vin, sans acide, sans sucre, sans conservateur et sans alcool. » Une première mondiale qui inaugure un nouvel art de la table avec l’arrivée des accords mets-thé en gastronomie.
Une nouvelle offre pour les sommeliers et chefs étoilés
Loin de damer le pion au vin, Grands Jardins propose une sorte de compagnonnage amoureux : « Nos bouteilles se boivent dans un très joli verre à pied, à la température du vin, avec un nez et des arômes merveilleux. » Les sommeliers et les grands chefs, très nombreux à être tombé sous le charme, apprécient cette complémentarité. « Avec sa versatilité, bien plus grande que celle du vin, le thé se marie avec énormément de choses : une poule au pot avec un thé du Malawi, un cassoulet ou un pot-au-feu avec un thé de brindille torréfié, vert, qui a été cultivé au pied d'un volcan à Kagoshima. » Sans oublier les fruits, le poisson et les desserts sucrés. « C’est différent. On n'a pas l'acidité, le sucre, l'alcool qui va tapisser le palais. On est plus dans l’oxygénation, dans la poésie de l’eau. » Différent mais complémentaire.

