NAOMI MARIENNEAU
« Le champ des possibles est immense »
Naomi a.k.a. le « palais » de Sobrissim ne ménage pas ses efforts pour surprendre vos papilles avec des bouteilles uniques, produites par des hommes et des femmes bien décidés à explorer un nouveau continent : celui des boissons sans alcool. Entre deux verres sévèrement bullés, elle a tout de même pris le temps de répondre à nos questions.
Qui es-tu Naomi ?
Je suis une bonne vivante de 35 ans, maman de deux petits garçons, qui vit à Annecy entre lac et montagnes, toujours un pied à table et l’autre en vadrouille dans la nature !
Ce que je préfère dans la vie c’est… manger ! Je suis de mauvais poil si j’ai trop faim ou si j’ai mangé ou bu quelque chose de pas ouf :)
Et mon métier c’est de sélectionner les meilleures boissons, avec ou sans alcool, et de raconter les histoires de celles et ceux qui les font !
Peux-tu nous raconter ton parcours ?
Ça fait une bonne dizaine d’années que je suis dans le vin, grâce à une femme géniale, Danièle Gérault, qui était agent de vignerons à Paris. Je suis arrivée au Petit Ballon en tant que stagiaire et j’ai fini par prendre la responsabilité du pôle vins. Je sélectionnais les bouteilles pour les milliers d’abonnés chaque mois aux côtés du sommelier, Jean-Michel Deluc. Ensuite, j’ai lancé VIN.YLE, à Annecy, où j’organise des ateliers dégustation un peu décalés pour les professionnels et les particuliers. J’interviens aussi dans des restos en tant que sommelière.
Lorsque les fondateurs de Sobrissim m’ont contactée, j’ai tout de suite été partante ! Bonne vivante, j’aime le vin et la bière à dose euh, disons « festive », alors la question des alternatives s’est vite posée pour mes grossesses et allaitements !

Beaucoup de pinard dans cette histoire ! Quel est ton rapport au vin ?
Le vin m’a appris à être au contact des saveurs, des odeurs et des aromatiques. Je suis tout le temps à fond en train de solliciter mes sens : sentir les fleurs, goûter les plantes dans les jardins, distinguer ce qui relève de la mousse, des cailloux, des champignons en forêt… Et tout enregistrer dans des petits tiroirs dans ma tête que je peux rouvrir quand j’en ai besoin !
Ce qui ne m’a jamais quittée, c’est la curiosité et la découverte. J’ai continué à bosser pendant mes grossesses : j’avais un nez super développé et c’était vraiment l’éclate de sentir les vins.
Y a-t-il a eu un moment clé qui a fait basculer ta relation aux boissons sans alcool ?
Je me souviens que je devais dîner au Kamouraska, un resto à Annecy. Un menu en cinq temps. J’appelle Jérôme, le chef, pour lui dire que je suis enceinte de mon premier enfant et que je ne vais pas pouvoir venir parce que je vais trop m’ennuyer si je ne bois pas de vin. Et là, il me dit : « Tu rigoles ? Je te fais un accord mets-infusion. » Je me suis éclatée ! Les accords étaient parfaits. C’est la première fois que je me suis dit qu’il y avait un truc de fou à faire avec les softs.
Ton amour pour le vin se nourrit de ton intérêt pour la façon dont il est produit. Est-ce que tu retrouves cette richesse dans le sans alcool ?
Complètement. Fermentations, infusions, assemblages… Le champ des possibles est immense. Dans le vin, on laisse faire le raisin au naturel, en tout cas dans les vins que j’aime. Avec le sans alcool, on vient chercher une recette, avec des associations, des combinaisons. Je trouve qu’il y a un côté sophistiqué et aventureux. Et les gens qui le font sont super intéressants. Il faut aimer chercher, accepter de se planter, réessayer. Cela peut être hyper créatif.
Comment vas-tu accompagner les abonnés de Sobrissim dans leur découverte des boissons sans alcool ?
L’idée c’est de proposer une sélection super quali, qui permette d’avoir un aperçu large et diversifié de ce qui se fait.
J’ai envie de les accompagner sur l’apprentissage de la dégustation, car on a tendance à boire trop vite les boissons sans alcool. J'aimerais leur donner envie de prendre le temps de fermer les yeux et de se concentrer sur les aromatiques pour faire apparaître la complexité. D’autant que les recettes utilisent souvent les fruits, plantes, épices brutes : les arômes peuvent être plus marqués et précis que dans un vin, même si les textures sont parfois déroutantes.
Peux-tu nous dire deux mots sur les bouteilles sélectionnées ?
C’est marrant parce que les bulles, de base, c’est pas forcément mon truc dans le vin. Avec le sans alcool je me suis bien amusée et pour être honnête ça a été moins laborieux que les dégustations de vins tranquilles désalcoolisés qui ont encore un long chemin à parcourir avant d’être au top. Les boissons pétillantes comme la version feuilles de figuiers de Archipel sont déjà plus abouties je trouve avec une super longueur en bouche, à la fois gourmande et désaltérante. Et puis gros coup de coeur pour la cuvée Eterna I de Tempera, qui sort des codes du vin pour créer un nouveau style de boisson gastronomique qui fait carrément saliver : iodé, floral, d’une grande finesse, j’ai adoré !
D’après mes sources, tu n’es pas insensible aux charmes des vinyles : un bon son pour déguster les bouteilles que tu as sélectionnées ?
L’album Loved de the Parcels, sorti en septembre 2025 : c’est joyeux et pop, comme l’ouverture d’une belle bouteille de bulles sans alcool !
